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Yves Saint Laurent : interview

 

yves saint laurent film

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Les textes ci-dessous résultent de ma prise de notes effectuée lors des questions du public. Profitant d’avoir son ordinateur portable avec lui, votre Serviteur a réalisé une prise de notes des échanges. J’en profite pour remercier mes deux voisines qui m’ont supporté alors que je faisais autant de bruit qu’une dactylo sur une vieille machine à écrire 😉

De manière générale, Pierre Niney et Jalil Lespert ont été impressionnés par le contact qu’ils ont eu avec Betty Caron, Pierre Bergé et ses anciens collaborateurs. Il en est ressorti une très grande liberté de parole et aucun tabou, ce qui tranche avec notre époque. Des mots tels que « culture », « élégance », « business et amour de l’art » revinrent souvent dans leur retour d’expérience.

Pierre Niney

À 24 ans, se voir offrir un rôle de cette envergure n’est pas commun. Ce fut tel un cadeau tombé du ciel. Afin de réussir dans son interprétation, l’acteur s’est beaucoup cultivé sur cet univers si particulier. Durant environ 5 mois, il s’est fait coacher par un styliste et par l’ancienne assistante d’Yves Saint-Laurent pour le dessin d’une part, pour avoir des gestes naturels à l’écran et pour, d’autre part, s’imprégner du personnage. Le fait de toucher un tissu, de dessiner ou de parler avec le bon vocable va de pair avec la crédibilité de l’interprétation. Ces travaux pratiques ne furent pas les seuls éléments de sa réussite. La lecture d’ouvrages de référence ainsi que pouvoir assister aux coulisses d’un vrai défilé de haute couture lui permirent d’être « dedans ».

Après la théorie, la pratique ! Avant même de commencer le tournage du film, les acteurs se sont entretenu avec les personnes qui ont travaillé et vécu avec Yves (essentiellement Pierre Bergé et Betty Caron) pour parler de lui et répéter le personnage comme au théâtre ! En effet, personne n’a donné de conseils lors des prises de vue. Fort de son travail en répétition, on a donné à Pierre Niney toutes les clés pour se faire sa propre perception, sa propre idée de la façon de jouer son personnage.

Pour Pierre NineyYves Saint-Laurent était un extra-lucide, quelqu’un ayant une lecture trop intelligente de tout. Ce phénomène, selon lui, l’empêcha d’être heureux et ses créations sont l’expression de cette douleur permanente. On peut dire qu’il a rendu de nombreuses femmes heureuses à sa place. Comment a-t-il pu libérer la femme moderne ? Tout simplement en provoquant, en lui permettant de porter des éléments vestimentaires traditionnellement réservés à la gente masculine tout en gardant la simplicité et l’élégance.

Jalil Lespert

En tant que réalisateur et grand fan du néo-réalisme italien, Jalil s’est attelé à filmer la fiction tout en donnant des émotions. L’équilibre entre fiction, réalité et documentaire n’est pas simple à trouver. Cette approche s’apparente selon lui à l’archéologie : on se doit de reconstituer un puzzle avec des éléments parfois éparses. C’est là que le scénario et la fiction donnent tout leur sens. Le choix du réalisateur fut de mettre en avant la relation amoureuse entre Pierre et Yves. De plus, le biopic est un prétexte pour mettre en valeur des points caractéristiques de la personne, la rendre héroïque et être en mesure de rendre compte de son génie au travers de ses souffrances. En s’attaquant à un moment de la création française, Jalil Lespert souhaitait également faire connaître l’histoire assez méconnue de ce personnage emblématique.

Au niveau logistique, la fondation Pierre Bergé / Yves Saint-Laurent a joué un rôle majeur. Ses équipes de conservation ont permis l’utilisation des robes d’origine dans des conditions optimales. Oui oui vous avez bien lu : les véritables pièces de musée ont été utilisées, pas des copies ! Un argument de plus pour leur rendre grâce ! Pour le choix des filles, les mannequins de l’époque ont participé afin de donner leur avis d’expertes. Il faut dire, on ne défilait pas de la même façon en 1960, 1970 ou encore en 1980 !

A propos de Mathieu

Drogué aux séries « made in BBC » Doctor Who & Torchwood et aux animations complètement barges, je me laisse parfois tenter par un film quel que soit son style. Deux seules conditions sont à réunir : rire et/ou me scotcher au siège.

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